Actualités sur l'éducation Une campagne pour la protection du jeune enfant

Le rapport de la commission "Famille, éducation, médias" a été remis, le 20 octobre, à Nadine Morano. Face aux dangers de l'image les consciences sont en train de se réveiller, ni trop tôt, ni trop tard.



Le 20 octobre dernier un rapport de la commission "Famille, éducation, médias" a été remis à Nadine Morano. D'après le "www.gouvernement.fr/gouverneme ... s-pour-les-enfants-et-les" communiqué du gouvernement« ce rapport préconise la création d'une fondation dédiée et recommande une implication forte des acteurs du monde des médias dans une démarche d'éducation structurée des enfants et des familles. »
Ces recommandations resteront-elles lettres mortes ? Tout dépendra de la 
volonté du gouvernement, mais une chose est certaine : l'urgence est bien là !


Le 21 novembre dernier, le journal Le Monde titrait « L'exposition à la télévision retarde le développement de l'enfant de moins de 3 ans. » Psychiatre spécialisé dans la question de l'impact de l'image sur les jeunes, Serge Tisseron alertait les parents sur la nécessité de contrôler l'outil télévisuel. Dans ce qui ressemble plus à un cours qu'à un débat, il répondait aux questions inquiètes des lecteurs, dénonçant notamment l'escroquerie des émissions qui prétendent faciliter le développement cognitif de 
l'enfant.


Cette intervention venait corroborer la campagne « relative à la protection du jeune enfant 2009-2010 », lancée par le CSA le même mois. Cette action avait pour objectif de « développer les enjeux de protection spécifiques liés aux jeunes enfants, » en invitant à soustraire le petit écran de la vue des moins de trois ans, et à instaurer un dialogue constructif avec les jeunes sur les programmes qu'ils affectionnent. A cet égard Françoise Laborde, membre du CSA et présidente du groupe de travail Protection de l’enfance, s'est fortement impliquée dans le 
processus. La démarche est multiple : il faut convaincre que « la télévision n'est pas toujours un jeu d'enfants » et que « la télévision, c'est mieux quand on en parle, » amener les parents à contrôler « ce que regardent les enfants à la télévision » et, enfin, à persuader les éducateurs de respecter la signalétique jeunesse.


Si cette mobilisation doit être encouragée, il est souhaitable qu'elle ne passe pas comme une vague éphémère. Déj&
agrave; en 1984, un rapport de l'UNESCO tentait de faire le point sur la question : « [par éducation aux médias, il convient d'entendre] toutes les manières d'étudier, d'apprendre et d'enseigner à tous les niveaux […] et en toutes circonstances l'histoire, la création, l'utilisation et l'évaluation des médias en tant qu'arts plastiques et techniques, ainsi que la place qu'occupent les médias dans la société, leur impact social, les implications de la communauté médiatisée, la participation, la modification du mode de perception qu'ils engendrent, le rôle du travail créateur et l'accès aux médias. »
Ce rapport n'avait guère soulevé d'enthousiasme...


Par ailleurs il faut bien rappeler l'insuffisance d'une logique de signalétique, instaurant une systématisation fondée sur l'âge qui ne tient pas compte de la maturité particulière de chaque enfant.
En effet, en fonction des domaines et de la maturité des enfants (qui ont tous un vécu différent), un adolescent de plus de 12 ans pourra avoir une sensibilité égale à celle d'un enfant beaucoup plus jeune.


Retenons cependant de ces derniers mois deux enseignements très encourageants. Alors que cette prise de conscience par nos institutions mérite d'être sincèrement saluée, il est désormais manifeste que beaucoup de parents sont préoccupés par l'éducation de leur enfant et par l'impact des images sur ceux-ci.
C'est bien pour accompagner tous ces parents dans l'éducation par et à l'image que L'écran a mis en place des analyses et des cotations, détaillant selon les besoins les formes et les enjeux des oeuvres télévisuelles.


Pour l'équipe de L'écran, en effet, le combat pour la préservation de l'innocence n'est pas pour demain : il est maintenant, comme hier, et tant qu'il y a aura de l'innocence...


Raphaël JODEAU